L’EXPOSITION DE L’ÉCOLE DE PARIS – MUSÉE DE MONTMARTRE
L’EXPOSITION
DE L’ÉCOLE DE PARIS
Chers Lecteurs,
Il fallait que j’y aille à cette exposition, j’y tenais fort, car ils sont mes amis et collègues, j’ai hérité de mon maître et père le peintre Hernán GAZMURI, les théories d’André Lhote, il fut son maître à Paris en 1928, donc, je suis la dernière héritière, encore en vie, de cette prestigieuse école de peinture moderne française. N’en déplaise à mes détracteurs jaloux et sadiques, tous ceux qui m’interdirent d’exposer, je fais appel à ceux qui sont en possession d’un minimum de culture plastique, d’honnêteté, de sensibilité et de ce qu’André LHOTE nommait « l’intelligence plastique », je confirme mon appartenance esthétique.
Vous n’avez qu’à regarder les toiles des peintres de l’École de Paris, les miennes, et faire de la peinture comparée.
Ensuite ils pourront oser donner leur verdict.
Je ne ferai plus de critique d’art, je vous l’avais déjà annoncé, personne ne peut poursuivre dans le déploiement d’une générosité de dons dans un milieu hostile, ce qui ne m’interdira point de faire la critique acerbe des conditions matérielles que l’on doit subir à chaque déplacement pour se rendre voir une exposition.
Encore une fois, mon expérience a été terrible. Quand je suis allée à l’exposition de MUNCH, je m’étais juré de ne plus aller aux musées, mais une exposition de l’École de Paris, c’était une question obligatoire.
La principale raison de m’interdire de donner des leçons gratuites par l’air virtuel est simple, je ne vis plus dans les années 20-30, la France a été dévalisée, polluée de crétinisme, de voleurs, d’usurpateurs mafieux, les valeurs de jadis ont été piétinées pour laisser la place aux bandits dans le monde de l’art, j’applique la même pensée de notre Daniel-Henri Kahnweiler qui a dit ceci contre les faussaires du commerce de l’art:
« S’ils font ça il faudrait le fusiller »
Ne pouvant pas moi-même faire ce travail, j’ai choisi le silence et le retrait.
Ceux qui contribuèrent à mon invisibilité m’interdisant depuis 43 ans l’accès à mon développement pictural, laissant la place à leur copinage et protégés politiques n’auront pas la possibilité, une fois moi morte, de sortir leurs griffes, un néant insondable les attend.
Ceci dit, je vais vous raconter ma journée d’hier.
Sortir de cette commune infernale m’a pris 4 heures de transport dans le voyage à Paris en aller-retour. Mon handicap aux genoux, aggravé par cet immeuble sans ascenseur et insalubre dont le bailleur est un escroc criminel qui veut ma mort, je ne peux plus me déplacer par le métro ou le RER, seule la marche, le train et les bus me sont accessibles.
Arriver à Montmartre depuis la gare Saint-Lazare pour moi devient un exploit, il m’a fallu prendre deux bus et marcher , car bon nombre d’arrêts de bus ont été supprimées et pendant que je marchais arrivèrent à ma souvenance les paroles de mon père qui était horrifié quand il a su que Paris se remplissait de voitures, il me disait : « Paris n’est pas conçu pour le remplir de voitures ni d’autobus », mais les temps modernes forcent les modes de vie actuels des parisiens à se plier aux diktats politiques les plus abjects, sans respecter une architecture conçue il y a des siècles pour de vrais parisiens.
Le bus avait du mal à traverser des rues étroites.
Lentement, je suis enfin arrivée à la fin de mon pèlerinage avec des difficultés énormes pour faire avancer mon lourd déambulateur sur le pavé ancien. Les gens me regardaient avancer lentement car les roues restaient coincées par les pavés et me disaient: « Cela ne va pas être facile ! » Une fois arrivée, les agents du musée me permirent de laisser mon aide à quatre roues cachée dans un cagibi et j’ai pu prendre l’ascenseur.
Enfin arrivée à l’étage, j’ai dû m’affranchir dans deux salles exiguës d’un public bien plus âgé que moi-même qui sortait le portable pour emporter chez eux les photos des toiles exposées. À défaut de connaissances plastiques, ils attrapent les images.
La période exposée correspond à la première École de Paris, les peintres exposés respectent le début des théories, la plupart sans atmosphère, d’une géométrie parfaite, et l’organisation du tableau, rigoureuse. Nonobstant, je ne retiens que deux de l’ensemble, Tamara de Lempicka, avec deux seuls tableaux, dont l’un à l’huile, elle est celle qui s’approche le plus à l’enseignement de Lhote, mais son style vire trop dangereusement à une affiche et à une vulgarisation de la mode, et Moïse KISLING, est le seul que je retienne comme le meilleur, il est superbe dans son message plastique, excellent coloriste, et il possède une technique picturale d’une qualité sans conteste.
Je suis consciente que les attributions de places pour exposer sont pour l’heure entourées d’interdits, l’ambiance de Montmartre comme souvenir, est la meilleure, mais l’exposition est raté de fond en comble par l’étroitesse des lieux, il est contre-indiqué d’exposer les toiles dans un couloir ou le spectateur n’a pas un espace minime pour reculer et se donner une perspective adéquate, il n’y a qu’un mètre d’espace entrer les deux murs dans le couloir, et le pire, je n’ai pas eu de chance car il y avait ce qui est à la mode, « une visite guidée »! Faite par une jeune qui racontait sa vie aux visiteurs mélangée à une série de dates, fait historiques éparpillés devant des vieux qui, bouche bée, écoutaient comme si la crétine à la voix criarde donnait une conférence au Collège de France.
Mon désespoir arrivait à son comble, mais comment lui dire de se taire ?!
Pour un peintre ou pour un amateur de peinture, LE SILENCE est une question sine qua non.
Par fortune, j’ai une capacité visuelle d’excellence et j’attrape vite ce que je vois, des tests m’ont confirmé que j’arrive à saisir tous les détails que la plupart des gens ignorent. Bref, je ai donné comme faite mon regard approfondi de l’ensemble et je n’ai retenu que ces deux œuvres de Tamara de Lempicka et de KISLING qu’avec un paysage et plusieurs portraits, il rend l’atmosphère parisienne des modèles féminins avec une maîtrise parfaite des « Invariants Plastiques ».
Curieusement, en dépit de multiples désagréments, je ne suis pas arrivée exténuée comme par mes sorties quotidiennes.
Carmen Florence GAZMURI-CHERNIAK
NADEZHDA















